Incidence de la prescription de la créance du prix de vente sur la clause de réserve de propriété
Un navire a été vendu, le vendeur se réservant la possibilité d'exercer son droit de réserve de propriété en cas de non-paiement de la totalité du prix. Au moment de réclamer à l’acheteur le paiement de sa créance, cette dernière était prescrite. L’acheteur invoque l’extinction par prescription de sa dette et accessoirement l’extinction de la réserve de propriété du vendeur. Il estime que la propriété du navire lui revient. Le vendeur soutient que l’extinction par prescription de la créance garantie ne produit aucun effet sur la réserve de propriété.
La cour d’appel a déclaré irrecevable l’action en restitution du navire du vendeur, considérant que l'extinction de la créance, dont la propriété réservée constitue l'accessoire, emporte ainsi transfert de la propriété. La demande de restitution du bien est alors nécessairement soumise à la même prescription que l'action relative à la créance garantie.
La Haute cour n’est pas de cet avis et casse l’arrêt au visa des articles 2224 et 2367 du code civil. La prescription de la créance du prix de vente libère l'acquéreur de l'obligation de payer le prix, elle n'entraîne pas, à défaut de paiement, le transfert de la propriété du bien. La prescription de la créance garantie n’a pas d’effet extinctif sur la réserve de propriété qui continue de paralyser le transfert de propriété.
Com. 19 nov. 2025, n° 23-12.250
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